Situation sécuritaire au Burkina Faso : environ un millier de Burkinabè aurait fui au Ghana

La situation sécuritaire dans la région du Sahel au Burkina Faso aurait entrainé un afflux massif de Burkinabè dans les pays frontaliers, notamment le Ghana. Selon les informations rapportées par l’Agence de presse du Ghana (Ghana News Agency), ils sont plus de 1 000 migrants venus du Burkina Faso, la plupart sans papiers d’identité ni de permis de séjour.

Ces migrants qui ont quittés pour certains Arbinda et pour d’autres Kongoussi seraient arrivés en territoire ghanéen pour s’installer le long de l’enclave de Sissala en tant qu’agriculteurs. Selon l’Agence de presse du Ghana, ces Burkinabè se seraient installés le long du tronçon Tumu-Navrongo jusqu’à Wuru, Kwapun, Banu, Pido, Kunchorkor et Basisan, en direction de la rivière Sissili qui sépare la région Upper West de Upper East.

C’est après plusieurs mois d’enquêtes menées par l’Agence de presse du Ghana que l’information a été révélée. Du côté ghanéen, une équipe composée de hauts responsables de la sécurité, dirigée par le directeur général de la municipalité de Sissala-Est, M. Karim Nanyua, s’est alors rendue dans les colonies pour déterminer ce qui aurait pu déclencher cet afflux.

L’équipe comprenait entre autres, Ridwan Abass Dauda, membre du Parlement de la circonscription de Sissala-Est, et des responsables de la National Disaster Management Organization, du Bureau des enquêtes nationales, des services de police du Ghana, des services d’immigration du Ghana et des services d’incendie du Ghana.

 L’accueil des migrants n’a pas été du goût du directeur général de la municipalité de Sissala Est, qui a exprimé son mécontentement sur le fait que les chefs et les propriétaires terriens aient installé les étrangers sans en informer les autorités compétentes et s’est engagé à en informer en haut lieu.

Toute chose qui a conduit le chef de Pido, Mahama Wiamua de déclarer à l’équipe qu’il n’accepterait plus de nouvelles personnes jusqu’à ce que la situation actuelle soit réglée. Cependant, le surintendant Samuel Donkor, commandant du service d’immigration à Sissala-Est, a déclaré à l’agence de presse du Ghana qu’il est nécessaire de définir les colons étrangers pour voir s’ils étaient demandeurs d’asile. Dans ce cas de figure, ils seraient alors classés comme réfugiés et renvoyés au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

En attendant, les rapports indiquent que ce sont les terres arables fertiles de la région qui pourraient expliquer le nombre croissant de ressortissants burkinabè s’installés dans la zone. Selon Sumaila Adams, l’un des propriétaires terrien chaque agriculteur paie un sac de sésame à la fin de chaque saison. Des redevances qui avaient déjà déclenché plusieurs conflits.

Du reste, plusieurs agriculteurs locaux ont commencé à se plaindre de la perte de leurs terres agricoles alors que les femmes de Pido et d’autres communautés ont exprimé leur peur du viol en raison du nombre considérable d’étrangers qui ont envahi la région. Ces Burkinabè utilisent des puits de forage des communautés locales pour boire et cuisiner et d’autres équipements sociaux existants, mettant ainsi les installations sous pression.

À Banu, rapporte l’agence ghanéenne, les migrants ont bâti un gros village dénommé Zono (Zongo) avec plus de cent structures en terre recouvertes de chaume où habitent plus de 200 personnes. À Pido, plus de 200 migrants ont été dénombrés.

Alhaji Tijani Mamoudou, un responsable de l’une des colonies, a déclaré qu’ils venaient du Soum, tandis qu’un autre responsable, Issaka Mamoudou, âgé de 62 ans, a également déclaré être venu de Kongoussi dans le but de trouver un endroit pour s’installer et cultiver.

« Nous cultivons du sésame et du maïs pour lesquels nous versons des redevances aux propriétaires terriens », a déclaré un colon. Harouna Ouédraogo, 40 ans, quant à lui a déclaré que quand ils auront une place, ils diront à leurs familles restées au pays où ils sont installés afin que ces dernières puissent venir, il assure que beaucoup d’autres vont venir et ils ont l’intention de s’établir au Ghana.