Burkina. Disparition de la rivière du Kou: les autorités locales tirent sur la sonnette d’alarme

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La rivière du Kou est un cours d’eau dans la région des Hauts-Bassins. Elle part de Farako-Bâ au Sud de Bobo-Dioulasso à la vallée du Kou au Nord. Perçu comme « le poumon aquifère » de la ville de Bobo, est sérieusement menacée du fait des activités humaines qui se pratiquent jusque dans son lit annonce les autorités de la ville à travers une publication sur la page Facebook de la régionale de l’eau et de l’assainissement datant du mardi 12 mars 2019.

La note indique que «  sa disparition à cause de l’ensablement et des pratiques agricoles normalement prohibées, sera une catastrophe écologique d’envergure pour le Burkina Faso ». 

En effet, cette rivière traverse une vingtaine de villages et qui dessert la ville de Bobo-Dioulasso en eau. La végétation qui la longeait a disparu à bien des endroits pour laisser place à des champs de culture. Une étude menée par la direction provinciale de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques du Houet et le projet « GE eau » en 2007 a révélé que 1 088 ha d’exploitations agricoles menacent les berges du Kou, de Koumi à Bama.

« On chante que l’on a pas de richesse, mais le peu que la nature nous offre, on l’ignore ou on refuse de l’entretenir », déplorent les autorités à travers cette note. 

Sur ces 1 088 ha, environ 60% (653 ha) des exploitations agricoles sont situées entre 0 et 50 mètres du lit, alors que les normes en la matière recommandent une distance de sécurité d’au moins 100 mètres. La même étude a noté que 173 ha sont situés entre 0 et 5 mètres du lit, c’est-à-dire dans le lit de la rivière. Les conséquences de toutes ces agressions sont l’ensablement, la pollution de l’eau à cause des pesticides utilisés par les exploitants des champs, et l’évaporation de l’eau du fait de l’absence de végétation le long du Kou.

Alors que le riz provenant de la vallée du Kou (Bama) dépend de cette ressource eau et son tarissement va entrainer en moyenne 20 000 personnes au chômage et la fermeture d’une plaine de 1024 ha. Selon la vision de l’IAD (Initiatives pour une Agriculture Durable), l’agriculture durable passe par l’existence d’une ressource eau et terre qu’on entretient.

Dans cette publication, la direction régionale explique que « l’ONEA exploite ce site depuis plusieurs années et malgré la délimitation des perimètres de protection etablis depuis 2012 par le Gouvernorat suite à une étude du Programme pour la Valorisation des Ressources en Eau de l’Ouest (P/VREO), on assiste impuissamment au non-respect de ces mesures de protection ». 

Elle déplore que c’est une situation qui «  met en péril cette ressource qui fait la spécificité  de la ville et par-delà hypothèquerait l’approvisionnement en eau de la ville. 

Du reste une autre une autre étude menée par le Projet d’appui à la gestion participative des ressources naturelles dans la région des Hauts-Bassins (BKF/012-PAGREN) a montré que les forêts classées du Kou et de Dindéresso n’ont pas été épargnées par cette ruée vers les terres agricoles. En effet, plus de 250 ha y auraient été défrichés le long du Kou à des fins agricoles. A ce niveau, la brigade régionale des Eaux et forêts entend faire respecter l’intégrité de ces forêts classées.