Burkina. Assemblée Nationale : une boîte à résonance politicienne

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L’éducation n’est pas seulement l’apanage de l’école et des seuls enseignants. Dès que l’on doit représenter une frange de la population, l’on est tacitement investi de lourdes responsabilités morales et l’on est contraint à promouvoir les valeurs sociétales intrinsèques, indispensables à notre vie en communauté. Les hommes naissent égaux certes, mais la responsabilité sociale nous impose à avoir des comportements différents.

L’Assemblée Nationale est le cœur de notre démocratie et la vitrine de notre civilité. Le député est donc investi d’une mission d’éducation dans l’hémicycle comme au sein de la communauté. C’est une référence sociale et son exemplarité doit être sans équivoque. Si le rôle premier du député est de voter des lois alors il doit être le premier à les respecter convenablement.

Aujourd’hui, c’est avec amertume que nous constatons que notre hémicycle se transforme en dortoir pour les uns, en cyber pour les autres avec un taux d’absentéisme inquiétant. C’est à l’hémicycle que des citoyens sont l’objet de menaces avec encouragements de l’exécutif à les châtier sévèrement.

L’Assemblée Nationale est aujourd’hui une institution budgétivore avec un budget hors logique en contradiction profonde avec la réalité économique nationale. Le président de l’Assemblée Nationale est en passe de remplacer le chef de l’exécutif burkinabè. Il ambitionne de construire un nouveau siège pour l’Assemblée Nationale à coût de milliards.

Le Chef de file de l’opposition politique est embarqué dans cette aventure avec une promesse de construction d’un nouveau siège pour le CFOP. Le comble, c’est le recrutement de 100 étudiants pour un stage au motif encore inconnu. C’est encore notre Assemblée Nationale qui organise un forum des femmes aux couleurs de campagne électorale.

Notre démocratie est en panne à cause des institutions républicaines aux ordres car manipulées par des ambitions purement politiciennes. Il faut intellectuellement grandir avec des idéaux de développement véritables et non des velléités de pérennisation au pouvoir. 


Traoré Abdoulaye Fundjé