Œuvres africaines spoliées: plus de 1008 œuvres concernées

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Le secrétaire général du ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme  était devant la presse la 29 novembre 2018. Objectif, les  informer  de l’intention du gouvernement burkinabè  de demander  à la France la restitution des biens culturels africains notamment burkinabè. Le  SG espère  que bientôt ces biens rejoindront  leur terre natale.

Suite au discours du président Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017 qui affichait sa volonté de restituer au peuple africain le patrimoine africain qui leur a été  enlevé depuis la colonisation, bon nombre de pays  sont entrés dans la dynamique  que leur bien culturel leur soit restitué. Font partie de ces pays le Bénin, le Sénégal, le Burkina qui ont  engagé des actions pour rentrer en possession  de leurs biens.  Et pour  montrer  sa bonne volonté le président Macron a commis deux experts dont  le Sénégalais Felwine Sarr et la Française  Bénédicte Savoy pour qu’ils étudient de réalisation de cet engagement pris devant le monde entier.

Pour le SG de la Culture, Jean Paul Koudougou, après le rapport de ces experts il est difficile de faire l’inventaire exhaustif des biens culturels africains notamment burkinabè. Mais de préciser que les biens culturels burkinabè dans les institutions patrimoniales  françaises se chiffrent à environ 1088 objets. C’est pourquoi depuis bien longtemps le gouvernement à travers  les directions techniques  du ministère en charge de la culture, des chercheurs de l’Université de Ouagadougou, et de l’Institut national des sciences des sociétés  menaient des  actions  avant  même  l’intention du président Macron pour le retour de ses biens culturels dispatchés dans le monde.

C’est dans ce cadre  qu’en 2008, le Burkina avait procédé au rapatriement  de près de 33 heures de documents sonores collectés par des chercheurs français depuis les années 30 détenus par le Laboratoire d’ethnomusicologie du musée de l’homme. Aussi le SG du ministère de la Culture a indiqué que des dispositions ont été prises  pour la protection des biens culturels à travers la ratification  des textes nationaux et internationaux. Et pour le retour de ces biens, Jean Paul Koudougou a confié que notre pays dispose de musées publics et privés, des institutions d’enseignement et de recherche, de laboratoires d’investigation, d’analyse et de publication sur le patrimoine.

Pour le professeur Célestin Ki, cette décision du président Macron  est à saluer et le Burkina est disposé  à recevoir ses biens culturels qui lui ont été enlevés où volés. Mais pour lui, le travail sera fastidieux, car beaucoup reste à faire. L’ambassadeur de la France Lapeyre de Cabanes, a tenu à apporter des éclaircissements quant aux biens culturels africains.

Pour lui, il ne s’agira pas  de restituer l’ensemble de ces 1088 biens car même si beaucoup ont été volés,  d’autres ont été achetés légalement  donc pourront rester en France.  Pour l’ambassadeur, concernant la restitution des biens culturels africains, il   est très complexe et fastidieux  car on ne sait pas pour  la plupart de ces biens comment ils ont atterri en France. Donc un travail sera  fait pour connaitre leur provenance et ensuite aviser.