Nabalüm : « « Saké » c’est revendiquer mon côté africain, mon côté black »

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Aminata Nabaloum connue plus sous le nom de Nabalüm est une jeune artiste burkinabè. Autodidacte, auteure compositrice et interprète, née en Côte d’Ivoire, Aminata Nabaloum a été bercée  depuis son jeune  âge par des rythmes musicaux qu’elle arrivait à rependre aisément.Malgré son jeune âge, ses idoles dans la musique  sont  les grands noms de la musique africaine tels que Alif Naaba, Ismaël Lô, Fatoumata Diawara, Lokua Kanza, ainsi que ceux de la pop internationale comme Adèle, Bruno Mars. Cela ne l’a pas empêché  de créer son propre style dans l’afro-soul  avec sa  voix veloutée, profonde et généreuse en émotions.Courant 2015/ 2016, elle est coptée par la « Cour du Naaba » du premier disque d’or burkinabè, ALif Naaba. Après une résidence à Paon’Go (Résidences d’artistes) à la Cour du Naaba, Nabalüm est lauréate de visa pour la création 2016 et se rend à Paris pour une autre résidence à la Cité Internationale des Arts pour développer son projet. Grâce à cette résidence et son talent inné, Nabalüm gagne l’opportunité de faire une tournée africaine qui l’envoie dans 10 villes africaines. Le 20 juillet 2018, sous les ailes de la maison de production la « Cour du Naaba », Nabalüm a présenté son tout premier bébé à la presse, « Saké ». En marge de la promotion de cet album nous l’avons rencontré à Paon’Go. Avec elle nous avons fait un tour d’horizon sur son parcours et aussi l’avenir de sa jeune carrière musicale. Engagée et déterminée, la jeune dame nous dévoile tout dans l’entretien qui suit sur son amour pour la musique, sa vision pour l’Afrique et pour la femme. Lisez plutôt !!

Qu’est ce qui a influencé le choix de Nabalüm à  faire de la musique ?

Mon combat c’est qu’il ne faut pas qu’on caricature les femmes sur les petits métiers. Je pouvais bien faire n’importe quel autre métier, mais la musique et moi c’est depuis l’enfance c’est inexplicable. Dans ma famille par exemple, personne ne fait de la musique. Mais mes parents me disaient que depuis l’âge de 3 ans  j’avais déjà une aisance de reprendre toutes les chansons apprises  à l’école. En somme j’avais l’oreille fine et je retenais facilement les chansons. Depuis ce temps tout s’est fait naturellement et pour moi la musique c’est un appel et j’ai dû  répondre à un moment donné.

Dans quel genre musical  Nabalüm évolue-t-elle ?

Je fais actuellement de l’Afro soul. En réalité je fais de la soul qui est la base de ma musique. Maintenant afro c’est tout ce qui vient de l’Afrique. Tout ce que je ressens qui vient de l’Afrique, je l’intègre dans ma musique.

« Saké » c’est le nom de baptême du tout premier bébé de Nabalüm. Alors pouvez-vous expliquer en quelques  mots pourquoi « Saké » ?

« Saké »  en langue mooré signifie accepté, l’idée m’est venue de mon histoire avec la musique parce que longtemps je chantais mais je ne mettais pas décider à en faire réellement une carrière professionnelle. Je voulais le faire mais j’hésitais parfois. Mais la musique, elle ne te laisse pas le choix. Quand elle t’a choisi, tu finis  par accepter. C’est donc de-là qu’est venu le nom « Saké », je me suis dit que accepter c’est quelque  chose de merveilleux, accepter les choses positives c’est merveilleux  parce que cela change la vie. Accepter Dieu dans nos vies, accepter quelqu’un, accepter de donner de soi,  c’est dire que chaque artiste qui sort  une œuvre accepte de partager quelque chose qui vient du plus profond de lui avec d’autres personnes. Accepter c’est ce que chacun voudrait bien accepter entendre ou ressentir à travers cette œuvre.

Avec ton immense talent tu avais la possibilité d’aller voir ailleurs mais tu as préféré rester dans la cour du Naaba. Pourquoi ce choix Nabalüm ?

Il faut dire que déjà j’ai eu  la chance d’être repérée  par la cour du Naaba. C’est lui m’a tendu la main. Je peux dire que j’ai eu une énorme chance. J’ai eu droit à une formation professionnelle, à  des résidences. J’ai pu apprendre  comment gérer la scène. Comment écrire mes chansons de manière plus professionnelle. C’est un honneur pour moi d’être auprès d’un monsieur comme Alif Naaba qui est un As de la musique. C’est le musicien le plus inspiré que j’ai eue à connaitre de toute ma vie. C’est une vraie grâce pour moi de pouvoir apprendre aux côtés de ce monsieur. J’ai juste « saké » l’appel et tout s’est fait naturellement.

Nabalüm vient de mettre sur  le marché discographique son tout premier album où elle aborde des thèmes aussi poignants que variés. La scolarisation, l’identité, l’amour, l’hypocrisie, etc. Peut-on  dire que vous êtes  rangée  du côté des artistes engagés ?

Du coup je vais dire oui parce que l’engagement dépend de ce à quoi on croit et ce pour quoi on est prêt à se battre. J’ai bien envie de m’engager pour l’indépendance de la femme, pour l’indépendance intellectuelle ou physique mais presque dans tous les sens du terme. On sait qu’en Afrique, les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes. Dans nos traditions depuis la nuit des temps, les femmes viennent  au second plan. J’ai eu à dire pendant la conférence de la dédicace que nous sommes le sexe humble pas le sexe faible. Parce que la femme accepte beaucoup, elle fait beaucoup de concession, mais cela ne veut pas dire que la femme doit être relayée au second plan. Dans une chanson comme Lécolé,   je parle de ces petites filles qui restent à la maison pendant que les autres enfants vont à l’école juste parce qu’elles sont des filles. Parce que pour beaucoup encore jusqu’en 2018 la place de la femme ce n’est dans les salles de classe mais dans la cuisine, à la  maison, se marier,  faire des enfants. Oui mais la femme peut encore plus parce que les femmes ont une force qui est indescriptible, elle peut faire cela et faire aussi ce que les hommes peuvent faire. Elles sont sans limite je veux dire. Il ne faut pas  qu’on les mette dans une boite et qu’on les enferme. Il faut qu’on  leur  donne l’opportunité de s’exprimer parce que nous  sommes  très intelligentes et quand on fait quelque chose on le fait bien.

Alors comment Nabalüm appréhende-t-elle  la question du concept genre, de l’égalité de sexe ?

Soyons raisonnable. Pour moi si l’égalité de sexe c’est dans le sens ou une femme doit faire le travail que l’homme moi je suis d’accord. Mais dans les questions relatives aux vies de couple, de foyer, restons réalistes, il faut qu’on donne la place à l’homme et que la femme prenne sa place mais cela ne veut pas dire que l’homme doit marcher sur la femme. Comme j’aime  le dire il faut que l’on soit humble, une femme c’est l’humilité. Ce n’est pas de la faiblesse c’est de l’humilité, il faut accepter que le mari soit le chef de la maison. Cela ne veut pas dire qu’il faut qu’on soit effacé, il faut que l’on existe autrement. Il faut qu’on soit des conseillères, des éducatrices c’est cette façon je conçois les choses.

Est-ce que Nabalüm peut nous présenter son album ?

« Saké » c’est mon premier album j’y ai mis tout ce que je sais à ce stade de vie c’est un album très actuel. J’ai voulu faire de l’afro soul mais à ma manière. Je n’ai pas voulu mettre de barrière et me dire non si je fais telle chose je sors de l’afro soul non. Tout ce que j’ai ressenti j’ai mis dans cet album. La chanson comme « Black » qui est du reggae. Je l’ai ressenti comme cela et je l’ai mis dans mon album.  C’est un album vraiment vrai comme j’aime. C’est la traduction de mon amour en musique. C’est ce que je sais, ce que je ressens ce que j’ai vécu et m’a marqué j’ai essayé de mettre sur mélodie pour faire « Saké ». Donc c’est mon engagement en tant que femme pour l’indépendance physique et mentale de la femme. « Saké » c’est revendiquer mon côté africain, mon côté black parce qu’il faut qu’on rend compte de la richesse que l’on a d’être ce que qu’on est. Il ne faut pas qu’on essaie d’envier des gens qu’on ne sera jamais. Tu as beau mettre toutes sortes de produits pour  devenir blanche et tout, je ne juge pas mais tu ne pourras pas être la meilleure version des Blancs. Tu seras toujours un Noir mais qui essaie d’être quelqu’un d’autre. Alors que si tu mets en valeur en tant que Noir tu as tout à gagner. Moi c’est un peu ce genre de message que j’ai envie de transmettre en mélodie, en chanson cela passe toujours si facilement et j’espère que toucher, j’espère faire « Saké » tous ces messages. Je parle aussi d’amour parce qu’on est tous le fruit d’un amour. L’amour c’est le sentiment le plus incontournable qui existe sur cette terre. Je parle aussi de Dieu parce qu’on lui doit tout, parce que sans lui on ne serait pas là même en train de parler de « Saké ». Je parle un peu de tout ce que je sais, de tout ce que je ressens.

Lauréate « Visa pour la création 2016 », Nabalüm fait une tournée dans 10 villes africaines. Dites-nous comment cela est arrivé ?

J’ai juste souscris au dispositif« Visa pour la création 2016 », qui est un dispositif de l’institut français. C’est-à-dire un dispositif d’aide et d’accompagnement aux artistes. Il y a un dépôt de candidatures, le dossier est traité et ensuite le choix est fait. Donc j’ai eu la chance d’être sélectionnée parmi les 4 comme chaque année. Je représentais le Burkina Faso, il y avait une Camerounaise, une Mauritanienne et une Sénégalaise.  Il y avait ces 4 pays, j’ai fait 3 mois à Paris à la cité des arts et c’est  là-bas  que j’ai écrit « Saké ». A  la sortie je pense que le  compte rendu que j’ai eu à faire leur a plu et voilà comment j’ai eu la chance de faire une tournée dans 10 villes africaines.

Après cette tournée est-ce que Nabalüm estime qu’elle a été acceptée ?

J’ai été positivement étonnée  en toute franchise parce que pour une jeune artiste  partir à l’inconnu pour  aller connaitre d’autres personnes, découvrir d’autres publics qui ne connaissent pas forcément la musique que je fais. C’était assez effrayant. Mais dès la première date à Accra (Ghana), les gens étaient là, le public était réceptif et on a échangé. Et plus les étapes se suivaient et plus je prenais confiance et les gens répondaient toujours à l’appel. Il y a avait de plus en plus de monde dans chaque ville les gens étaient vraiment sympas. Il y a des pays qui m’ont marquée et qui vont me marquer à vie comme le Soudan, l’Ethiopie, Madagascar. C’était vraiment spécial parce que les gens ne comprenaient pas forcément ce que je disais dans mes chansons, mais il fallait juste que j’explique le thème au début et ils étaient dans le bain, ils partageaient avec moi ces moments.   Ils m’ont donné de la force et pour ma jeune carrière c’est une merveilleuse expérience. Cela m’a fait grandir.

Nabalüm évolue dans un registre musical peu connu par les Burkinabè, dites-nous comment est-ce que tu arrives à te faire aimer ?

Mon registre, il est assez spécial et je ne pense pas  qu’il y ait 3 artistes burkinabè qui font de l’afro soul. C’est vrai que c’est tout nouveau, mais je n’ai pas peur parce que l’émotion est universelle. Il suffit que les gens se sentent concernés, qu’ils se sentent dans ce que je dis dans le message que je transmets pour adhérer. On ne peut pas reprocher à quelqu’un de ne pas aimer ce qu’il ne connait pas. Je me dis que quand les Burkinabè vont se reconnaitre ils vont adhérer et je pense qu’il y a déjà pas mal de gens qui m’apportent leur soutien tous les jours. Je pense que le meilleur  reste à venir et avec « Saké », les choses vont se concrétiser Inchallah.

Longtemps attendue, Nabalüm fait surface avec un bébé baptisé « Saké ». Pourquoi avoir attendu tout ce temps ?

De mon avise j’estime que cela n’est pas suffisamment long. Pour une œuvre enregistrée en live, pour le travail que cela a pu demander, pour le résultat que je propose à travers « Saké », c’était utile d’attendre. Il fallait faire le choix des artistes avec qui je voulais travailler. J’ai fait une tournée. J’ai fait pas mal de chose. C’est tout cela qui a pris deux ans. Il faut savoir qu’enregistrer en live demande des mois de résidences artistiques avec des musiciens pour que tout le monde soit dans le même esprit.  Un album live c’est beaucoup de l’âme de chacun. Donc il faut des gens qui comprennent, des gens qui s’adaptent, des gens qui ont envie d’apporter quelque chose de vrai. Cela a pris le temps qu’il faut parce que l’on voulait faire sortir quelque chose de potable et d’agréable. C’est la seule explication.

Après cet album  avez-vous un grand  grand rêve ? Avec quel artiste aimerait travailler Nabalüm ?

Rire !!! J’avoue que c’est  une chose que je n’y pense pas pour le moment. Par exemple avec Shola, les choses se sont fait naturellement. Elle est venue au Burkina pour un concert et nous nous sommes  rencontrées. Elle a le même feeling que moi et j’ai aussi aimé le sien. Le tout ce n’est pas de faire un feat avec un grand artiste, mais de faire quelque chose de vrai, de partager une musique  réelle avec quelqu’un. Donc tout de suite je ne peux pas donner le nom d’un artiste mais, il faut savoir qu’y en a plein. Mais j’aimerais bien faire un feat avec Alif Naaba.

Pourquoi ce choix de mode où on sent beaucoup plus « naturlisch » ?

Quand tu as l’occasion de faire ce genre de musique où tu peux te faire voir, ou tu peux te faire entendre, il faut te concentrer sur ce qui est important. Un artiste c’est vrai que c’est la musique mais aussi le style qui va avec. Moi, mon style je le veux décontracter. Je suis Africain, je suis Noir, j’ai une belle peau noire parce que le Noir c’est une belle chose qui existe selon moi. Mes cheveux naturels c’est moi, je ne vais pas aller vendre ce qui est du Burkina, alors que j’ai camouflé ce qui fait du Burkina en moi. Déjà en tenue je suis assez moderne j’essaie de garder ce qui est vrai. Donc mes cheveux crépus c’est vrai, c’est moi, c’est ma fierté tu l’aimes ou pas mais je vie tel que je suis. Je veux aussi motiver les personnes qui sont un peu complexées  d’être Noir qui s’acceptent un peu mal en tant que Africain avec leurs  cheveux noirs  de pouvoir se dire ha elle le fait je peux le faire aussi. On est Noir on est beau donc on a tout à gagner en s’acceptant comme on est. Comme on le dit « l’avenir c’est l’Afrique ». Mais un monsieur comme Didier Awadi dit non c’est le présent qui est l’Afrique.

Avec vos mots on vous sent plus engagée qu’on l’imaginait, alors quels  conseils avez-vous à prodiguer  à la jeunesse africaine ?

Le seul conseil que je peux donner à la jeunesse c’est de prendre conscience de sa valeur parce qu’on est beaucoup distrait aujourd’hui. Il y en a plein qui voient les réalités, parce que l’Afrique aujourd’hui est incontournable sur la carte du monde. Donc on a beaucoup de challenges et  beaucoup d’armes. Et l’arme c’est juste prendre conscience et se dire qu’on est intelligent, on a tout ce qu’il faut pour faire changer les autres.C’est bien de juger les dirigeants aujourd’hui de dire qu’un tel fait ça, un tel fait ceci ou pas. Mais nous demain si on a l’opportunité de changer les choses demain qu’est-ce qu’on va faire ? Est-ce qu’on va y penser ? Qu’est-ce qu’on peut apporter ? Moi en tant qu’artiste j’apporte ma voix mais il faut que chacun essaie d’apporter quelque chose à son niveau. Il ne faut pas  se dire que je ne fais pas quelque chose de spécial. Tout ce qu’on fait est spécial. Je dis toujours chacun est venu sur cette terre pour un but précis pour apporter quelque chose. Si tu n’apportes rien c’est que tu refuses de répondre à l’appel. Tu décline l’offre que Dieu t’a permis de faire sur cette terre. Il faut que chacun prenne conscience de sa valeur qu’être Africain, c’est une aubaine, c’est une grâce. Il faut  qu‘ensemble, on se tienne les mains pour développer ce continent. Comme je le dis dans la première chanson de mon album qui s’appelle « Fromwhere », c’est d’arrêter  les discriminations, la xénophobie, c’est inutile, cela ne nous sert pas. Il faut qu’on s’entraide qu’on se tienne la main pour essayer de voir comment ne plus dépendre des autres,  ne plus faire les choses comme avant. Il faut que les choses changent, il faut que les mentalités changent, il faut qu’on se concentre sur l’essentiel et que les futilités on les laisse derrière nous.

Quelle est la lecture du monde musical selon vous ?

J’ai eu la chance de passer d’Abidjan à Ouaga donc j’ai une autre lecture, une autre ouverture d’esprit, une autre vision, un autre esprit.Donc je pense qu’il y a beaucoup de chose à faire.  Il y a beaucoup d’artistes  qui font du bon boulot, mais qui ne sont pas valorisés  malheureusement. On manque un peu d’une identité culturelle musicale surtout. On copie un peu  trop ce qui vient d’ailleurs. Et même quand tu t’assoies dans un bar ou un maquis, quand tu passes et qu’il y a de la musique qui  est jouée, sur une moyenne de 10 chansons, il y a 8 chansons de l’extérieur. La musique burkinabè est peu valorisée au Burkina. C’est la faute à tout le monde, mais la grosse part revient aux artistes surtout. Si on fait de bonnes œuvres, il faut faire de la bonne promotion. Il faut aussi que les promoteurs mettent les artistes en valeur. Parce que je connais beaucoup de talents, je suis au Burkina, j’ai vu des  gens faire de la musique, j’ai halluciné parce qu’ils font comme musique mais ils ne sont pas mis en valeur. Ils n’ont pas d’opportunité de présenter leur savoir-faire aux yeux du monde et c’est dommage malheureusement.

Quel est la suite pour le nouvel album  de Nabalüm ?

La suite c’est la promotion du nouveau bébé. Il faut le présenter à plus de personnes  possibles. Déjà au Burkina pour commencer et par la suite partout ailleurs. C’est cela déjà dans l’immédiat, il faut que « Saké » soit « saké » comme j’aime le dire. Ensuite de beaux projets, ils arrivent, mais il faut« saker »« Saké » d’abord.

Avez-vous autre chose à ajouter pour clore notre entretien ?

Ce nouvel album est pour tout  le monde, pour tous ceux qui vont se sentir à travers ces chansons et tous ceux qui vont s’y reconnaitre dans une ou deux chansons, toute  personne  qui va ressentir ne serait-ce qu’un petit bout d’émotion cet album est fait pour lui. Cet album est fait pour te dire à toi qui n’est pas forcément  sûr d’où tu vas qu’il y a forcément un but pour lequel tu as été créé et qu’il faut que tu te lèves et que tu cherches  et que tu fasses  les choses comme il le faut. Cet album est fait pour dire à toutes les femmes qu’elles sont merveilleuses, qu’elles sont fortes et il faut qu’elles se donnent de la valeur, il faut qu’elles prennent leur place parce que si on prend nos places, personne ne va nous la donner. Cet album c’est mon amour traduit en mélodie pour tout le monde parce que j’ai aussi de belles choses à offrir. Je commence en mais inchallah, je ferai d’autres choses pour concrétiser tous mes rêves et mes engagements.