31ème édition du Tour du Faso : « il n’y a pas de raisons que nous ne récupérions pas le maillot jaune », le Commandant Yasnémagré Sawadogo

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En marge de préparatifs de la 31ème édition du Tour international du cyclisme du Faso, nous avons rencontré, le Commandant Yasnémagré Sawadogo, président de la Fédération burkinabè de cyclisme. Nommé cette année président du comité national du Tour international du Faso, il dit être prêt avec son équipe pour le premier coup de pédale le 26 octobre à venir. Avec lui, il était question du après une trentaine d’année du Tour et des perspectives pour la petite reine au Faso. Lisez plutôt !

Echomagazine (Echomag) : Du 26 octobre au 4 novembre 2018 se tiendra la 31e édition du Tour du Faso  quel bilan faites-vous  de cette compétition depuis sa 1re édition  et comment se prépare la présente ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Le Tour du Faso est une compétition internationale, une compétition qui fait la fierté  des Burkinabè. Cette compétition est à sa  31e édition. Elle a été régulièrement organisée excepté en 2014 pour des raisons de  forces majeures avec la présence de la fièvre Ebola dans la sous-région. C’est une compétition qui suscite beaucoup d’engouement. Pas mal de pays en Afrique, en Asie et même sur le continent américain manifeste leur volonté à tout moment pour prendre part au tour. En 31 ans, on peut dire que le Burkina peut être fier de son tour. Mais aussi après le 30e anniversaire, il fallait faire une rétrospective pour voir les nouvelles orientations à donner à ce Tour du Faso qui a pour ambition selon la volonté politique à migrer vers une étape supérieure qui est celle du 2.1. Cette édition a connu une préparation anticipée. Déjà au mois de juillet, le comité d’organisation a été officiellement mis en place par le ministre des Sports qui nous a donné ses objectifs en tant que premier responsable de ce tour qui a mis les bouchés doubles pour mettre  les moyens afin que cette édition soit une réussite. Je puis vous assurer que déjà à quelques jours, je suis un président serein. Sur le plan du  budget nous sommes aussi sereins. Mais le Tour ce n’est pas cette édition, c’est aussi les éditions précédentes et les années à venir et ce sera avec fierté que nous allons relever le défi d’éponger les anciennes ardoises.

Echomag : Etes-vous  prêt pour la présente édition ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Pour la présente édition nous sommes fin prêts et nous attendons le premier coup de pédale le 26 octobre à venir.

Echomag: Neuf  régions vont accueillir la 31e édition du tour  sur une distance totale de 2 273 km. Il connaitra deux  innovations majeures à savoir  l’arrivée d’une étape à Bolgatanga au Ghana et l’épreuve de la course  « contre la montre », Sabou-Koudougou sur une distance de 35 km. Ces deux innovations placent le Tour cycliste international du Faso dans la catégorie 2.1, catégorie des plus grands tours cyclistes africains. Parlez-nous de ces innovations ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Cette année comme je les dis en sus, il y a une certaine volonté politique de faire migrer le Tour à 2.1 pour rejoindre le Tour Amissa Bongo du Gabon et le Tour du Rwanda qui migre en 2019. Pour migrer il faut déjà s’essayer aux différentes contraintes du 2.1. C’est l’invitation des équipes professionnelles, des équipes continentales et aussi améliorer les différentes équipes participantes du comité d’organisation. Et déjà cette année, nous avons promis de relever ce défi. Nous avons une équipe allemande continentale qui viendra pour relever  le niveau. Comme innovation, cette année nous avons introduit la course contre la montre par équipe. Cela sera entre Koudougou et Sabou. Nous avons aussi relevé le défi organisationnel au-delà des frontières du Burkina Faso. Cette année c’est la ville de Bolgatanga au Ghana qui a été choisie. Je puis vous assurer qu’à leur niveau, ils mettent les bouchés doubles pour que la 31e édition soit une belle fête.

Echomag : Déjà à quelques jours du premier coup de pédales quelles sont les nouvelles des Etalons cyclistes ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Les Etalons cyclistes se portent très bien. Ils sont en mise au verre à Bobo-Dioulasso depuis quelques temps déjà. Ils ont pu suivre régulièrement ce qui était prévu comme préparation hormis l’accident des Etalons cyclistes au Cameroun. Mais Dieu merci, il  y a eu plus de peur que de mal, ils sont rentrés du Cameroun et ont été pris en charge sur instruction du ministre des Sports et des Loisirs. Ils ont été pris en charge  par les services spécialisés de Santé.

Echomag : Pour la présente  qu’est-ce qui est fait pour que le maillot jaune reste au Burkina ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Il faut savoir que la stratégie générale  de préparation de cette année a été faite avec tout l’encadrement et aussi les  Etalons cyclistes qui ont manifesté leur volonté. Nous avons à cet effet tout fait pour respecter la volonté de tout le monde.  Aujourd’hui si vous vous rendez auprès des Etalons cyclistes, vous allez vous rendre compte que c’est un climat serein, de convivialité et d’équipe que les entrainements se poursuivent. Le moral est haut pour entamer la compétition.

Echomag : Qu’est-ce qui est fait pour les Etalons cyclistes qui déjà ont fait leur preuve dans bon nombre de compétitions dans la sous-région.

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Cette année, nous sommes entre le défi de relever le niveau du Tour dans sa perspective de migrer en 2.1 de reconquérir le maillot jaune que nous avons  perdu l’année passée. Entre les deux nous  avons évalué les moyens et les stratégies. Les moyens ont été mis à nos dispositions n’eut été l’accident au Cameroun qui a un peu déprogrammé les choses en tout cas avec la stratégie mis en place bien que la compétition sera relevée cette année, il n’y a pas de raisons que nous ne récupérions pas le maillot jaune.

Echomag : Qu’est ce qui empêche les Etalons cyclistes de prendre part aux compétitions internationales  telles que  le Tour de France qui est une référence aujourd’hui ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : On ne revient pas  sur la suprématie du Burkina Faso au niveau de l’Afrique de l’Ouest. C’est en cela qu’il faille s’inquiéter. Il faut dire que nous avons une belle équipe des Etalons cyclistes très chevronnés. Mais malheureusement, il faut savoir que pour participer à une compétition internationale 2.2 ou de 2.1 de l’UCI, il faut avoir un gros budget. Nous n’avons pas très souvent ces moyens. C’est un peu cela la difficulté. Vous allez aussi remarquer que cette année, nous avons pris des résolutions très fortes. C’est ainsi  après une quinzaine d’années d’absence sur le Tour du Sénégal, nous sommes repartis parce que c’est une compétition de l’UCI. On n’y a engrangé quelques points. Je me suis encore  remis au défi d’aller au Cameroun. Voilà les mesures que nous avons eues à prendre pour que notre cyclisme aille plus loin. Pour que  notre cyclisme aille plus loin il faut  se frotter aux plus grands. Malheureusement, nous n’avons pas les moyens financiers pour se rendre dans les autres pays tels que le Maroc, l’Algérie, le Rwanda et en Afrique du Sud pour ne citer que ces grands pays.

Echomag : La situation sécuritaire n’est pas au beau fixe. Qu’est-ce que vous faites à ce niveau pour rassurer le public burkinabè et les étrangers que cette année tout va se passer dans les meilleures conditions ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : En plus des procédures qui ont été mises  en place sur le plan national, il faut savoir que le comité regorge en son sein une commission sécurité, nous avons évalué nos circuits, nous avons évalué nos différentes positions. Avec cette commission qui a abattu un gros travail, je puis assurer le peuple burkinabè que le tour va se dérouler sans couac. On ne revient pas sur les stratégies de sécurité, mais les gens peuvent être rassurés que nous avons  pris cela en compte pour que la 31e édition puisse se dérouler sans problème.

Echomag: Un appel à lancer ?

Commandant Yasnémagré Sawadogo : Je dirais  merci aux autorités de ce pays qui accompagnent le cyclisme burkinabè. Aussi merci à ces sponsors qui croient en nous. Nous n’allons pas  les décevoir de notre côté.